Un pays où les habitants sont autorisés à se taire et à subir !!!

Récits de voyage > journal de voyage
Myanmar (Birmanie) -
de Les Freds, le 03-02-2007

Un pays où les habitants sont autorisés à se taire et à subir !!!

Avant toute chose, une présentation de ce pays s’impose car comme nous il y a quelques mois Myanmar n’évoque sans doute rien pour vous.
Myanmar ou Birmanie ? Le débat est encore vif sur la question et l’objet de controverses. En 1989, le gouvernement abandonna l’appellation d’union de Birmanie pour celle d’union du Myanmar, pays qui, sur le plan géopolitique, est pris en étau entre les grandes puissances de l'Inde et de la Chine. Dans la langue locale, le pays est appelé Myanma au moins depuis l’époque de Marco Polo (XIIIe siècle). Burma (Birmanie) est un terme fabriqué par les Britaniques.
D'un point de vue historique et culturel, le Myanmar a été influencé par l'Inde pendant des siècles. Depuis qu'il s'est libéré du colonialisme britannique en 1948, c'est un pays isolé, l'un des plus méconnus de la planète. Comme tous les Etats du sud-est asiatique, ce pays se compose d'une multitude de groupes ethno-linguistiques et religieux, installés dans le pays depuis de nombreux siècles ou "importés" par les anciennes autorités coloniales.
Le peuple Birman est sous le joug de l'une des dictatures les plus sévères de notre époque.
La monnaie birmane se nomme le Kyat (prononcer "chiatte") et pour un euro, on obtient environ 1600 Kyats (K). Les cartes de crédit sont inutilisables. Il nous a donc fallu prévoir d’emporter assez d’argent liquide necessaire.
Heureusement, la vie est bon marche, c’est un des pays les plus pauvres au monde.
Aung San Suu Kyi, lauréate du prix nobel de la paix a appelé au boycott touristique, soutenu par Tony Blair. Le Myanmar est un pays de contradictions, son peuple résiste depuis des siècles au régime militaire actuel, en passant par le roi George VI. Le gouvernement interdit l’accès à de nombreuses zones, particulièrement dans les régions habitées par des minorités à cause de l’insécurité.
En 1994, 62 000 touristes ont visités le Myanmar (voyages d’affaires inclus) et 202 000 en 2004. Le Myanmar c’est plus de 52 millions de birmans ; 87% sont bouddhistes (500 000 moines).


21/01 : Arrivée à 8H, heure locale, ½ H de décalage horaire avec la Thaïlande. Taxi pour aller dans le centre-ville de Yangoon (la capitale du pays, plus de 5 millions d’habitants) à 22 kilomètres de l’aéroport. On est déjà frappé par la différence avec la Thaïlande (véhicules très anciens, tous les gens sont habillés avec des sarongs, la pauvreté saute aux yeux). Fait un premier hôtel sélectionné dans le Lonely Planet, pas de chambre en dessous des 14 dollars américains. Finalement, été une dizaine de mètres plus loin où nous trouvons un hôtel à 10 US dollars la nuit. Sanitaires à l’extérieur mais il y a la climatisation dans la chambre (c’est la première fois), pas vraiment utile. Installation dans le noir, pas d’électricité ; le gouvernement régule l’énergie quand il le souhaite et il n’y a du courant qu’à certaines heures. Eté au marché de Bogyoke Aung San où de nombreux changeurs de monnaie nous sollicite ; après quelques comparaisons des taux, nous changeons 150 dollars et nous obtenons 192 000 Kyats. Nous nous retrouvons avec 2 énormes liasses, une de 100 billets de 1000 et une autre de 92 billets. En effet ; la coupure maximale est 1000 K soit environ 0,70 €… Manger puis sieste de 13H à 15H. Promenade à pieds dans le centre-ville de Yangoon, passage par la paya Sule, stupa au milieu d’un rond point, cœur géographique et commerciale de la ville. Passage devant l’hotel de ville, le bureau de l’immigration, l’église Baptiste Immanuel, le High Court Building (haute autorité judiciaire). Continué sur les trottoirs défoncés notre ballade. Terminé au jardin de Mahabandoola dont on nous refuse l’entrée (trop tard, il est 18 H) où se dresse l’obélisque de 50 mètres, monument de l’indépendance. Repassé dans une des avenues principales où de nombreux vendeurs ambulants proposent toutes sortes de marchandise. Dîner au Zéro Zone Rock, restaurant sur les toits avec des paillotes. Coucher vers 22H, crevé.

22/01 : Lever 9H45, on a super bien dormi, pas de lumière (pas de fenêtre dans la chambre), un bon matelas et pas de bruit ; cool !!! Petit déj. à l’hôtel (inclus) avec « autres français et é suisses, tous des routards mais uniquement en Asie. Douche à l’eau chaude. Pris un bus local (on monte devant) pour aller à la paya Shwedagon, le chauffeur nous dit « yes, yes » mais il n’a rien comprit et il nous fait descendre à Yuzana Plaza où on effectue un petit tour de marché puisqu’on est là…Taxi pour aller à notre destination prévue. Déjeuner (noodles froides) dans la rue. Pleins d’enfants nous harcèlent pour nous donner (en échange de quelques petits billets…) des sacs plastiques pour mettre nos chaussures avant d’entrer dans LE monument de Yangoon : la Paya Shwedagon. A l’instar de la statue de la liberté ou de la tour Eiffel, la paya Shwedagon est devenue l’emblème de la ville et avec Bagan, du pays tout entier. Laisser nos chaussures et nos chaussettes (obligation d’être pieds nus) à un dépôt. Payer les 5 dollars d’entrée (pour les touristes) et passer de 13H15 à 19H dans le monument. La majorité des visiteurs sont des pèlerins birmans animés d’une profonde foi. Cet énorme sanctuaire bouddhique est difficilement descriptible, l’aspect le plus frappant étant ce temple doré en forme de cloche avec cette stupa de 98 mètres au dessus de sa base. Dans la chaleur du jour, le stupa étincelle de 1000 feux et la lumière du couchant l’illumine d’une douce couleur orangée. Pour les bouddhistes birmans, la paya Shwedagon est le sanctuaire le plus sacré du pays, un lieu que chacun rêve de visiter une fois dans sa vie. Perdu dans les explications du Lonely Planet, nous sommes entrer par la porte Est alors que nous pensions être entrer par la porte Sud. Passé l’après-midi à tourner autour des 68 petits zédis et des très nombreuses choses à voir autour du stupa. Alors que nous allions quitter le sanctuaire vers 17H30, un birman nous a interpellé pour que nous assistions au coucher du soleil (vers 18H) puis il a continué à faire le guide en nous faisant découvrir des aspects cachés que nous n’aurions pas vus. Plusieurs points très précis pour admirer les diamants changeant de couleur. La girouette sommitale est plaquée d’or et d’argent et incrustée de 1100 diamants totalisant 278 carats, sans parler des 1383 autres pierres. Au sommet de cette girouette, repose le globe de diamants, une sphère creuse en or incrustée de 4351 diamants pesant 1800 carats. La pointe du globe est marquée par un autre diamant de 76 carats. A croire que la majorité de la fortune du Myanmar se trouve ici. Quand on se retrouve dans la rue et que l’on voit toute cette pauvreté, on retrouve le sentiment que l’on a connu dans certains pays comme le Nicaragua, quelle folie, la religion !!!
Nous sortons de la paya Shwedagon encore tout émerveillé mais nous décidons de continuer. Taxi pour aller à la paya Chaukhatgyi où repose un bouddha couché gigantesque. Nous passons une heure avec un moine parlant un peu anglais (difficile de comprendre avec les accents) qui nous fait visiter son monastère et nous explique comment sont rythmés leurs journées (4H – 5H prière ; 5H – 6H méditation ; 6H – 7H petit déjeuner…). Très intéressant. Le moine souhaite que nous allions faire une intervention auprès de ses élèves car il est professeur assistant d’anglais. Nous prenons toutes les coordonnées nécessaires et nous irons si nous en prenons le temps. Taxi, retour sur Mahabandoola Road, dîner et exploit, on trouve un cyber centre qui ferme à 23H. Passer 1H à regarder et sélectionner les nombreuses photos de la journée. Coucher vers 0H.

23/01 : Lever 11H, trop tard pour le petit déjeuner inclus. Fait les sacs puis taxi vers le terminal de bus de Aung Mingalar à 45 minutes du centre (5000 K). Acheter tickets de bus pour le Nord (Bago), négocier prix du billet. 1H pour manger (très local), poulet servi avec 2 poignées de noodles froides dans un univers plutôt répugnant. Frip ne mange rien, acheter des biscuits pour la survie… Au moment de l’addition, on veut nous faire payer 6000 K ce qui est énorme pour le pays. On refuse de payer autant et on s’arrange sur 3000 K.
14H départ en bus (nous sommes les seuls blancs) vers Bago à 80 kilomètres au nord de Yangon. Où nous arrivons vers 16H. Une meute de rabatteurs d’hôtels nous crie dessus. On en choisi un à 4 dollars la nuit, sanitaires forcément à l’extérieur. Nous partons pour une visite de Bago avec une personne qui nous sollicite. 3 sur le scooter et c’est parti mon kiki, il nous emmène voir tous les principaux sites à voir sur Bago et ses environs proches. Le bouddha Shwethalyaung, un bouddha couché si imposant qu’en levant les yeux depuis le bas des marches, il est impossible de dire ce que l’on a devant soi. En fait, le bloc doré n’est que le torse. 55 mètres de long sur 16 mètres de haut, le petit doigt mesure 3,05 m. A la sortie, nous achetons du thanaka, une poudre jaune qui sent bon, qui sert de maquillage mais également de protection solaire. Quasiment tous les enfants et les femmes en mettent tous les jours. Un autre Bouddha couché à 500 mètres de celui que l’on vient de visiter avec des proportions similaires est en fin de construction. Continué la visite de Bago par la paya Kyaik Pun a environ 1,5 km de la ville. 4 bouddhas assis de 30 mètres de haut adossés aux 4 côtés d’un énorme pilier carré. Terminé par la paya Shwemawdaw, (après avoir vu un véritable défilé de moines) qui domine la ville du haut de ses 114 mètres. C’est la plus haute stupa du pays. Tout aussi impressionnant que la Shwedagon de Yangon. En seulement deux jours, nous venons de voir des monuments qui nous laisse ébahi. Dîner dans un bon restaurant (quantitatif et plutôt qualitatif). Ecrit sur papier la journée du 21/01, on a du retard… Coucher : 22H, très très bruyant avec la route principale juste sous notre fenêtre.

24 /01 : Lever 6H, pas très bien reposé avec cette circulation intensive et tous les coups de klaxon. Douche dans la pénombre (pas d’électricité), c’est sans eau chaude mais pas sans moustiques… Rendez-vous à 07H avec 2 italiens (Luigi et Gabriel) qui n’aiment pas le foot, suffisamment rare pour être souligné. Nous avons loué une voiture avec chauffeur pour la journée (9 dollars par pers.) pour aller à Kyaiktiyo à 130 km de Bago, près de 5H de route aller-retour. On découvre réellement ce qu’est le Myanmar en s’enfonçant dans la campagne et s’est franchement très dépaysant. Les gens vivent encore comme à la vieille époque (des cabanons en bois, transport en vélo et sur des carrioles à bœufs, vieux train avec locomotive…) et ils n’ont quasiment rien. Très beau paysage de rizières. Après 2H30 de voiture et un bref arrêt (coup de la panne) nous prenons un lain-ka, un de ces grands camions où l’on s’entasse à 6 par rangée (des lattes en bois qui font office de sièges) et qui ne partent que lorsqu’ils sont pleins à craquer (entre 50 et 60 personnes). Environ 30 minutes d’une route sinueuse qui grimpe pour arriver au terminal de Yatetaung. Ensuite, 45 minutes de montée à pieds dans un chemin sinueux et abrupt. Nous ne nous sommes pas pris pour des rois en se faisant transporter dans une chaise à porteur (litière en toile portée par ‘ birmans en nage). Déjeuner (toujours avec nos 2 amis italiens). Négocier prix d’entrée de 5 à 6 dollars (sans tickets) pour aller voir le sublime stupa de Kyaiktiyo (Rocher d’Or). Lieu de pèlerinage de premier plan mais nécessitant un trajet (taxi, camion et à pieds) qui n’est pas de tout repos. Le rocher est couvert de feuilles d’or par les fidèles et présente la particularité d’être perché en équilibre instable au sommet d’une montagne. La vue panoramique est magnifique. Une terrasse permet de voir le rocher par-dessous. Il existe plusieurs autres stupas et sanctuaires le long de la crête du mont Kyaiktiyo mais on vient surtout ici pour le rocher d’Or. Un petit stupa de 7,3 mètres de haut surmonte le rocher. Redescente en ½ H. Fred s’est un peu énervé car la plupart des entrées sont interdites aux femmes. Redescente en ½ H puis ½ H de camion, Fred et les 2 italiens sont dans la cabine, Frip est le seul touriste à l’arrière. 2H20 de route pour retourner sur Bago, une véritable folie la conduite de nuit au Myanmar. Les piétons, les vélos, les chiens, les carrioles à bœufs sont à mettre dans la rubrique jamais éclairée. Les camions, les scooters et les voitures sont eux partiellement éclairé. A tout ce danger, il faut ajouter que beaucoup reste en pleins phares, très fatiguant et horriblement dangereux. Comme à l’aller, notre chauffeur nous fait une panne pour vider le filtre à gazole. De retour sur Bago à 19H30. Dîner au même restaurant qu’hier. Douche et écriture des journées sur papier… Coucher : 1H.

25/01 : Réveillé vers 9H ce qui est déjà énorme compte tenu de la circulation et des coups de klaxon incessants. Nous sommes sollicité par le même chauffeur – guide qu’avant-hier. Il nous propose de voir 2 monastères pour 2000K, pas cher, nous sommes d’accord. Eté voir un des plus grands monastères du pays, le kyaung Kha Khat Wain (1200 moines y vivent). Arrivée vers 11H à l’heure du déjeuner, des moines qui passent un par un remplir leur gamelle de riz blanc. Ambiance très particulière qui donne vraiment pas envie d’être moine ou nonne. Continué notre promenade (toujours à trois en scoot) au monastère du Serpent où réside l’ancien abbé du monastère de Hsipaw, réincarné en un boa constrictor age de 117 ans. Tous les 10 jours, il avale 5 kg de poulet… Laisser 500 K pour les photos prises avec la bête. Eté dans un cyber café, enfin un bien grand nom, une pièce avec quelques ordinateurs pour trier et sauvegarder les photos. On nous demande 1000 K pour 1 H alors que nous ne sommes pas allés sur internet, une arnaque, on aurait dû refuser de payer autant. Pris un vélo taxi, se sont des bicyclettes avec un espèce de side-car où peuvent monter deux passagers dos à dos. Déjeuner toujours dans le même restau. Attente du bus de 14H à 15H15 à la réception de l’hôtel avec les deux italiens qui vont à Kalaw comme nous. Bus de 15h15 à 6h, peu dormi voir pas du tout. La télévision à fond plusieurs heures, tout le monde rigole (comiques birmans) sauf les touristes. Plusieurs arrêts (pannes, enlisement…). Les transport au Myanmar c’est vraiment très usant et folklorique. Les bus sont toujours plein à craquer. Les strapontins du milieu sont également occupés et des personnes y passent la nuit.

26/01 : Trouver un motel à 10 dollars la nuit (commodités à l’intérieur) c’est un peu cher mais vu la température très réfrigérante (Kalaw est à 1320 m d’altitude) on a pas envi de faire le tour de la ville. Dormi de 7H à 12H. Pas douché, pas d’eau chaude et il fait froid. Restaurant (avec des spécialités népalaises) pas mal, mais service très lent, passé près de deux heures. Promenade dans la ville de Kalaw, rien de bien spécial ici. Deux hôtels proposent internet, mais vu l’électricité et la lenteur du réseau, ce n’est même pas la peine d’essayer. Monter (5 min) au Dhanna yon qui offre un beau panorama sur la ville. Renseignement sur les randonnées, nous n’avons pas le temps de partir sur plusieurs jours, nous prenons une journée. Fred va se reposer (fatigue), Frip cherche un endroit pour écrire le carnet de bord sous word, mais ne trouve rien. Dîner avec Luigi et Gabriel nos amis italiens. Bagarre pour avoir de l’eau chaude, il y a de l’électricité ce soir c’est déjà pas mal. Finalement, on arrive à avoir un peu d’eau chaude dans la chambre d’à côté donc rapide douche avant l’eau froide. Coucher 22H.

27/01 : Lever 7H30. Petit-déj (inclus). 8H50 départ pour une journée de randonnée autour de Kalaw avec Charles notre guide (sympa et parlant bien anglais). Nous sommes que tous les deux, nous avons quitté les italiens qui partaient sur 3 jours. Avant le départ, acheté deux paquets de bonbons pour distribuer aux enfants. Nous marchons sur un chemin ondulé en terre bien tracé. Dans l’ensemble, la marche est assez facile et la dénivellation très progressive. Arrêt dans un village peuplé par les palaung. Nous voyons des travailleurs (bénévoles) qui fabriquent des briques en terre pour la construction d’un nouveau monastère. Nous continuons la ballade et comme les autres touristes, nous sommes assaillis par tous les enfants qui veulent nous vendre de l’artisanat. La distribution de bonbons est lancée. Charles nous emmène a l’intérieur d’une des maisons où nous mangeons une banane avec du thé locale.
Les collines avoisinantes sont en effet recouvertes de plantations de thé, principale ressource des habitants de ces tribus montagnardes. Plus d’une 20aine d’enfants et quelques adultes nous proposent tous la même chose à vendre, des espèces de tour de cou coloré. Fred en achète un pour marquer le coup (1000 K). Frip distribue un bonbon à tous les enfants présents. Marcher une demie heure avant d’arriver au point de vue ; cadre splendide au sommet d’une montagne. Nous déjeunons chez des amis de notre guide, nous sommes les seuls. Repas très bon, les avocats sont vraiment excellents au Myanmar. Après la pause déjeuner (12H45/14H) repris la route ; le chemin est très très poussiéreux. Le temps est toujours aussi beau (dans les 25°C). Après près de 17 km de marche, nous sommes de retour à Kalaw. Il y a de l’eau chaude, profiter pour vite prendre une douche. Fait raccommoder le pantalon convertible de Frip qui commence à craquer. Dîner au même endroit qu’hier soir (bon et pas cher), avec un français et un suisse que l’on avait déjà croisé hier. C’est impressionnant le nombre de français que l’on croise au Myanmar.

28/01 : Lever 06H30, douche, il y a d l’eau chaude sans problème, cool ! Petit déj. Le bus que nous devons prendre est à l’heure, c’est nous qui sommes un peu en retard. Départ à 07H50 de Kalaw pour Shwenyaung à 50 km soit 2H de bus… Seulement 2 arrêts pur des vérifications du bus qui est plein à craquer ; des gens sont assis sur des tabourets en plastique dans l’allée et l’espace entre les sièges ne permettent pas de bouger le jambes. Arrêt à Shwenyaung qui constitue le point de transit pour aller au lac Inle. Pris un pick-up (très ancien comme tous les véhicules ici) avec 2 autres couples pour faire les 11 km menant à Nyaungshwe, un seul arrêt pour ouvrir le capot. La route est toute gondolée et on a l’impression que la voiture va se désintégrer à chaque mètre. 3 dollars par personne à payer pour pénétrer dans la zone du lac Inle. Trouver un hôtel à 10 dollars la nuit, ils sont tous au même tarif et beaucoup sont complets car on est dans les mois les plus touristiques. Déjeuner des tagliatelles maison préparé sous nos yeux, très bon mais gâché par le poivre, super épicé et par un arrière goût de poisson, la poêle n’avait pas dû être lavé. Tour du gros village de Nyaungshwe pour se renseigner des meilleurs prix pour l’excursion en bateau sur le lac et sur les tickets de bus pour Bagan. Eté faire une ballade en canoë de 15H à 17H (3000 K) sur la rive le long de Nyaungshwe. Visite et dégustation d’une fabrication où 3 femmes font des cigares locaux. Beaucoup moins fort que les cigares car il s’agit en fait d’une feuille de tabac avec un filtre (assez long) des feuilles de maïs séchées. Elles fabriquent environ 600 cigares par jour en 8H de travail. 100 cigares valent 1500 K soit moins de un euro. Pour le prix d’un paquet de cigarettes en France, on a donc la production journalière de ces 3 femmes. Fred fabrique son cigare. Poursuivi notre agréable ballade en canoë dans des endroits où les bateaux à moteur ne peuvent passer. Beaucoup plus calme car le bruit des moteurs de tondeuse à gazon qui équipe les très nombreux bateaux est un peu épuisant et rend sourd. Passage par le grand sanctuaire des nats au milieu d’une jungle marécageuse. Rencontre avec un moine nous citant des villes et des personnages historiques français. Cherché un cyber centre mais il n’y a pas d’électricité ce soir. Dîner dans un restau équipé d’un groupe électrogène. Cou : 21H30.

29/01 : Lever 06H45. Douche, l’eau est brûlante. Petit déj inclus (comme partout dans les hôtels au Myanmar) très complet avec 2 œufs sur le plat, des toasts et un avocat… Arrivée ½ H en retard au rendez-vous de 07H30. C’est parti pour une journée de bateau à moteur, environ 25 minutes de navigation (3,5 km) pour arriver sur le lac Inle. Situé à 875 mètres au dessus du niveau de la mer, longue de 22 km et large de 11 km cette étendue d’eau entourée de pics élancés dégage un certain charme. Sur les bords du lac et les îles se tiennent 17 villages sur pilotis. La première chose que l’on photographie, ce sont ces pêcheurs qui au moyen de filets coniques fortement tendus sur des cadres en bois et en bambou remontent des nga-hpien (sorte de carpes). Ensuite, nous sommes intrigués par la méthode avec laquelle les inthas (population locale) font avancer leur bateau à fond plat. Ils se tiennent debout sur une jambe à l’arrière et l’autre enserre la pagaie pour ramer. Malgré le soleil qui monte, les nuages sont denses et il fait froid sur le bateau. Nous nous abritons du vent avec des parapluies. Eté voir le célèbre marché flottant d’Iwama où entre les nombreux vendeurs de souvenirs, ils reste quelques paysans tentant de vendre leurs légumes à un poignée d’habitants. Fait de très belles photos car nous sommes allés sur la terre ferme. Achat d’une bague pour Fred. Passage par une fabrique de papier et de parapluies décoratifs. Direction la rive ouest du lac et le village d’Indein pour voir au milieu de très nombreux touristes, un ensemble de sanctuaires et stupas délabrés. Un escalier avec des centaines de colonnes de bois, conduit au Shwe Inn Thein. Passage par une confection de petits poissons en argent. Déjeuner dans un restaurant sur pilotis forcément. Frip commande une salade de patates, ce sont des pommes de terre râpées mais crues. Le lac ne possède pas vraiment de rives et avec toutes les jacinthes et les rizières, le peu de profondeur, on a rarement eut l’impression d’être sur un grand lac. D’énormes buffles sont présents. La première chose que nous visitons l’après midi est la paya Phaung Daw Oo, site religieux le plus sacré du sud de l’état Shan. Passage par le village des pêcheurs, toutes ces cabanes en bois sur pilotis dégagent beaucoup de charme. Passage par une usine où des femmes tissent à l’ancienne avec de vieilles machines en bois. Ensuite, nous nous rendons dans une demeure où réside 4 femmes girafes (on regrette un peu d’avoir perdu une journée pour aller les voir en Thaïlande). Passage par les jardins flottants (tomates, concombres…) Direction Nga Hpe Chaung, le monastère des chats sauteurs, en effet, les chats ont appris à sauter au travers de petits cerceaux en échange de quelques croquettes. Terminé la journée par le coucher du soleil sur le lac. De retour à 18H sur Nyaungshwe après plus de 60 km de navigation et de bruit… Passé par l’hôtel récupérer linge et tickets de bus pour demain. Dîner avec Luigi et Gabriel, les 2 italiens que l’on a recroisé par hasard. Ecriture de la journée, toujours sur papier car pas internet ici. Cou : 22H.

30/01 : Lever 04H, comme convenu à 04H30 un taxi nous attend devant l’hôtel, pas d’autre solution pour aller à Shwenyaung (11 km plus loin) où nous devons prendre le bus à 5H. Notre journée de transport commence bien, le bus aura une heure de retard. Pris un petit déj. pour patienter. C’est parti en direction de Bagan à 205 miles (soit près de 330 km) dans un mini-bus de 32 places archi comble. Avec le TGV en France c’est une heure de trajet, au Myanmar avec les vieux bus et l’état des routes (quand il y a du goudron) c’est 12H30 de galère. 2 premières heures, il fait très froid car le plexiglas remplaçant la fenêtre est fêlée et ne ferme pas à fond (courant d’air). Beaucoup de personnes et d’enfants sont malades (route de montagne). Pas de place pour mettre ses pieds avec tous les bagages (panier de légumes etc…) Fred écrase une salade, les avocats et les clémentines roulent par terre. Une poussière de folie, difficile de respirer sans se mettre quelque chose sur la bouche. Uniquement une pause, d’une petite ½ H pour déjeuner vers 13H30. Fred lira un livre (Mission impossible) dans la journée. Frip tente de somnoler, joue à la PMP et crise avec les genoux dans le siège avant pendant des heures. Nous arrivons vers 18H30 à Bagan (Nyaung U) après avoir acquitté le droit d’entrée de 10 dollars par personne (« Welcome les touristes »). Nous récupérons nos sacs qui sont dans le même état que nos vêtements c'est-à-dire blanc de poussière. Fait un premier guest-house, des chambres pas cher mais les matelas font 3 cm d’épaisseur… On préfère aller dans un autre avec de bon matelas, besoin de récupérer après ce trajet diabolique. Réserver des vélos et commander les tickets de bus pour retourner sur Yangon après demain (encore 15H de bus au programme). 4 compagnies mais elles ont toutes qu’un départ quotidien et toutes à la même heure (15H) ; va comprendre les Birmans… Dîner, bonne douche chaude et shampoing qui s’imposent. Fred prélave les pantalons convertibles dans un sale état et Frip écrit la journée puis lit le Lonely. Cou : 22H30.

31/01 : Lever 08H, petit déj. inclus sur e toit de l’hotel, déjà un beau soleil. Un défilé a lieu dans la rue (personnes avec des déguisements, carrioles à bœufs). Essayer de se faire confirmer notre vol Bangkok – Shanghai mais ça ne fonctionne pas. Finalement parti en vélo assez tardivement pour la visite de Bagan. Commencer par la visite de la paya Shwezigon, situé à l’extrémité ouest de Nyaung U (le gros bourg où nous sommes). Ce site aurait été conçu pour abriter l’une des 4 copies de la dent du Bouddha et marquer la limite Nord de la ville. Elégant stupa en forme de cloche qui fut érigé en modèle pour tous les stupas construits par la suite au Myanmar. Repris la route avec nos bicyclettes très lourdes, difficile de pédaler d’autant plus que nous empruntons beaucoup de chemins sablonneux, souvent obligé de descendre et de marcher à côté du vélo. Visite de quelques temples de Bagan, les plus réputés et les plus beaux, car pour voir tous les temples de Bagan il faut au moins une semaine. Les rois de Bagan construisirent 20 temples par an dans la région, sur une période de 230 ans. En 1975, Bagan fut secouée par un violent tremblement de terre de magnitude 6,5 sur l’échelle de Richter. Résultat, bon nombre de temples majeurs ont sérieusement et en 1978 on dénombrait 2230 (un chiffre qui exclut les nombreux monticules de briques) sur les 4400 temples présents dans cette plaine de 42 km², dénommé « zone archéologique de Bagan». Des milliers de Bouddha. Belle journée ensoleillée et chaude. Passage par le Nouveau Bagan après avoir galérer avec les vélos dans le sable. Continué à visiter les stupas éclairées. Rentré de nuit sans lumière (comme tout le monde), de toute façon, il n’y en a pas sur les vélos. Arrêt 1H sur internet (pas hotmail, le gouvernement gère les accès) pour tenter de nouveau de valider notre vol Bangkok – Shanghai du 03/02 mais ça ne fonctionne toujours pas. Dîner. Dormi sous moustiquaire après que Fred est soigné chacun des doigts de Fripouille en mettant du tulle gras avec des sparadraps et des bandages. Frip a le bout des doigts tout brûlé (mycose ?). Cou : 23H30

01/02 : Lever : 08H. Petit déj. toujours sur la terrasse mais aujourd’hui le temps est très nuageux, quelques gouttes de pluie. Récupéré notre linge à la réception du guest-house mais nos affaires sont largement aussi sales (voir plus…) que lorsqu’on les a mise. De plus, le pantalon convertible de Frip a sérieusement rétréci puisqu’il se sont trompé et on donné un « falsar » de fille. Après ¼ H de recherche, ils retrouvent le pantalon ; ouf car le pantalon convertible est la fringue (plutôt une guenille maintenant…) que l’on met le plus. Loué des vélos pour la matinée (1000 K les 2) et retourné sur le vieux Bagan voir des temples que nous n’avions pas vu hier. Redonné les clefs de la chambre à 13H15, resto puis trishaw (vélo avec des side-cars) pour aller au terminal des bus. Le bus part avec « uniquement » ¼ H de retard de Bagan et c’est parti pour 15H de galère ; il n’y a pas d’autre mot pour qualifier les moyens de transport terrestre au Myanmar. Pour que la galère soit totale, nous n’avons pas de siège et nous sommes sur des strapontins au milieu, l’avantage s’est qu’il y a de la place pour les jambes mais alors c’est bien le seul car siège et dossier sont très douloureux. Passage d’un film sans le son (Jumanji) qui permet d’occuper 1H30. Pause dîner d’une brève ½ H. Pour ajouter du piment à cette galère de voyage, nous n’avons jamais vu autant de personnes vomir et cracher, même lors de nos plus grandes beuveries. Et comme les Birmans sont aussi intelligents que les Thaïlandais, ils font tout ce qu’il ne faut pas faire quand on est malade ; ils mangent et ils s’allongent. Les sacs plastiques se remplissent de tous les côtés autour de Fred qui a la nausée une bonne partie de la nuit et qui lutte pour ne pas vomir à son tour. Autant dire, que dans de telles conditions (bruits et odeurs des vomis…), nous n’avons même pas pu somnoler, joué et écouté la PMP jusqu’à plus de piles. Changement de position régulière pour uniformiser les douleurs aux fesses et dans le dos. Arrivée à l’heure prévue c'est-à-dire à 06H à Yangon après 15H de bus que nous ne sommes pas prêt d’oublier. Taxi, on retourne dans l’hôtel où nous étions allé lors de notre premier passage à la capitale. Petit déj. (inclus), on le prend ce matin car demain nous partirons trop tôt pour en bénéficier. Cou : 08H, crevé.

02/02 : Lever 12H30, quelques heures de calme et de repos très appréciable après le calvaire du bus. Passage dans la Mahabandoola Road, achat de cette préparation de noix de béchel hachée et de chaux éteinte enveloppée dans de petites feuilles. Beaucoup mâchent ça dans le pays, mais nous n’avions pas encore osé goûter. Déjeuner (cuisine indienne, très bon marché). Passé par l’agence Air India pour confirmer notre vol de demain. Finalement, il n’y avait pas besoin de confirmer (beaucoup de temps et d’énergie pour rien). Pris l’ascenseur jusqu’au sommet de la Sakura Tower, une tour commerciale. Glace (1500 K la boule, endroit très chic) en admirant le panorama circulaire le plus beau de la ville. Passage par le marché Bogyoke Aung San, marché tentaculaire de 2000 échoppes, vieux de 70 ans. Eté à l’adresse que le moine rencontré le 22 janvier nous avait donnée, notre moine n’est pas là mais nous rencontrons son professeur. Intervention en anglais de Frip devant une trentaine d’élèves. Questions – réponses pour les faire parler en anglais puis récit de notre tour du monde. On se fait inviter à boire un thé. Continué notre route, achat d’un trépier pour l’appareil photo (5000 K) et de 10 cd vierges Sony (3000 K). Dîner dans un Tokyo Fried Chicken, la version yangonaise du KFC. Eté dans un cyber centre graver les photos du Myanmar, obligé de faire 2 cd (941 Mo, 721 photos). Lecture des mails que nous n’avons pas pu consulter pendant 10 jours. Coupure de courant, heureusement nous avions terminé les choses importantes. Mâché notre feuille avec les noix de bétel. Cou : 0H30.

03/02 : Lever 06H, taxi pour aller à l’aéroport, taxe de départ de 10 dollars par personne pour quitter le pays. Aujourd’hui encore c’est une journée de transport mais cette fois en avion…
07H45 décollage de Yangon, 1H de vol pour arriver à Bangkok, 10H20 heure locale (+ ½ H par rapport au Myanmar). Déjeuner (nous avions gardé de la monnaie thaïlandaise puisque nous allons y retourner). Formalités douanières, nous sommes content car on s’attendait à payer la taxe de sortie du territoire même si nous n’étions que en escale sur la Thaïlande mais on nous a rien demandé. Passage par le Duty Free pour se parfumer un peu. Attente (Sudoku pour Fred, Frip écrit le carnet de bord). Départ pour Shanghai à l’heure prévue (15H05).

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
02/10/2007 : 2 mois et demi dans ce beau pays
27/06/2007 : De retour dans un des plus beaux pays du monde...
27/06/2007 : Suite de nos journées détaillées (a partir du 30 mai)
29/05/2007 : Retour au pays de Gandhi apres la montagne. Journées détaillées du 04 au 29 mai.
04/05/2007 : Au pays des plus hauts sommets du monde
02/04/2007 : Au pays de Gandhi
20/03/2007 : Retour au pays des massages pour un peu de repos avant l'Inde
10/03/2007 : Au pays des temples d'Angkor
04/03/2007 : Un pays connu par une guerre sanglante.... Des rizieres a perte de vue
19/02/2007 : Plus de 1 300 000 000 de chinois et nous et nous et nous...
21/01/2007 : Au pays des massages...
22/12/2006 : Quinzieme pays du periple
14/12/2006 : Au pays des nouvelles technologies
09/12/2006 : 5 grosses iles mais plus de 13000 iles en Indonésie
12/11/2006 : Au pays des kankourous !!!


Autres liens :

Tags
Un pays où les habitants sont autorisés à se taire et à subir !!! - Myanmar (Birmanie) -